Description


Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

Ce blog d'amateur est parfaitement libre et indépendant, je ne perçois aucun avantage, aucune rétribution de qui que ce soit. Sa seule vocation est le partage d'informations. Si vous empruntez une photo ou un texte de mes articles, veuillez citer vos sources comme je le fais moi-même. Les photos ne sont pas libres de droit. Pas d'utilisation commerciale sans mon accord.

N'hésitez pas à laisser en message vos remarques, vos avis... J'y répondrai avec plaisir.

lundi 12 février 2018

Les roses anciennes panachées

Faisant suite à l'article précédent, je publie cette ébauche d'étude sur les fleurs anciennes bicolores. Ce petit récapitulatif, non exhaustif, ne devait pas être rendu public et devait juste me servir de pense-bête. Mais finalement, autant le publier sur le site, il peut être utile à d'autres amateurs, intéressés par ces roses particulières. 
En lisant les ouvrages spécialisés, en consultant internet, on s'aperçoit que c'est le cafouillage complet dans cette catégorie de roses. Depuis que le grand rosomane anglais Graham Stuart Thomas a jugé identiques plusieurs rosiers panachés (Centifolia variegata, Belle des jardins, La Rubanée, Cottage Maid, Dometil Beccard...), on s'y perd. Il est vrai que beaucoup se ressemblent et il subsiste encore certainement des synonymes non identifiés. D'autres sont vendus sous des noms erronés : le rosier 'Château de Namur', notamment, ne correspond pas à la description d'origine. Il devrait être violet noirâtre au centre rouge pourpre, ce qui n'est pas du tout le cas du rosier actuellement commercialisé !
Rien ne vaut donc quelques photos, quelques recherches historiques dans les publications d'époque, puis un classement par ordre d'ancienneté, pour y voir plus clair.
Ces roses panachées, striées, maculées n'ont pas les faveurs des jardiniers. Reconnaissons que leur couleur paraît accidentelle, presque artificielle. Dans le lot, certaines se distinguent par leurs teintes plus douces, moins contrastées. 
rosa gallica versicolor
= Rosa Mundi
mutation de rosa gallica officinalis 

rosa damascena variegata
= York and Lancaster

Résultat de recherche d'images pour "rose unique panaché"
rosa centifolia discolor (voir Miss Lawrance, 1799)
rosa centifolia variegata (voir Loiseleur-Deslongchamps, 1819)
= Unique panachée (Chaussée, 1821)
mutation de la rose centfeuilles blanche dite Unique blanche,
qui a pu apparaître à divers endroits, à différentes époques.

Camaieu (Gendron, 1826)
gallique rouge violet panaché de blanc 

Belle Rubanée ou La Rubanée (1832, Hardy) gallique très pleine
= Provins panaché double
= Belle Villageoise (1834)
= Village Maid (1834)

Oeillet parfait (Foulard, 1841) gallique
blanche panachée et tigrée de rose passant au violacé

Grande renoncule (Van Houtte, 1842)
centfeuilles ou gallique ?


Perle des Panachées (Vibert, 1845)
gallique blanc panaché de lilas ou violet pâle
= Cottage Maid

Mécène (Vibert, 1845)
gallique au fond blanc panaché de rose


Tricolore de Flandre (Van Houtte, 1846)
gallique blanc strié de ponceau, de lilas et d'amarante

Dometille Beccard (Laffay, 1848) centfeuilles
blanc carné, strié et rubané de rose vif lilacé

Georges Vibert (Robert, 1853)
gallique rouge pourpre violacé, panaché de blanc 

Pompon panaché (Moreau-Robert, 1856)

Belle des jardins (Guillot, 1872)
semis de Perle des panachées, rose strié de pourpre

Crédits photographiques :

Sources bibliographiques :
Mary LAWRANCE, A collection of roses from nature, Londres, 1796-1799
LOISELEUR DESLONGCHAMPS, Nouveau Duhamel ou Traité des arbres et arbustes, Paris, 1819
Revue horticole, journal d'horticulture pratique, Paris, juillet 1832, p.67
The Royal lady's magazine, The Florists' register, 1834, p.149
Revue horticole, novembre 1848, p.423 

mercredi 31 janvier 2018

Les plantations continuent ! Ma technique en images

L'hiver est très humide, je ne vous apprends rien, mais il est aussi doux. Que de pluie depuis des semaines et des semaines ! Ces intempéries à répétition n'entament (presque) pas mon moral, comme la terre se bêche facilement, je me lance dans de nouvelles plantations de rosiers.
J'ai annexé un coin de pelouse que je ne pensais pas cultiver, avec l'idée d'y incorporer 4 nouveaux sujets. 
Le premier acheté est un rosier ancien à grandes fleurs parfumées. Il porte un nom à l'orthographe étrange et à l'histoire tout aussi opaque : Dometil Beccard (s'agit-il du prénom féminin Dometille, Domitille ?). Ses roses sont blanc, légèrement carné, strié de lilas. Est-ce un centifolia ou un gallique ? La bibliographie contemporaine reste évasive et s'interroge quant à ses origines mais je trouve en préparant cet article qu'il s'agit d'un Centfeuilles, mis au commerce par Jean Laffay en 1848 et nommé Dometille Becard. (Cf. Revue horticole, 1848, page 423).
chromolitographie parue dans le Journal des Roses, août 1893
Il sera accompagné du rosier améthyste Sibelius que je lorgnais depuis longtemps. Après l'avoir beaucoup admiré sur les blogs, il était temps de le posséder à mon tour.
Sibelius  (Louis Lens, 1981)
Le jardin contenant une bonne dose de rosiers à floraison éphémère, je mise sur les polyantha des Années folles pour prolonger le spectacle. Souvenir d'Adolphe Turc était aussi inscrit sur ma liste d'envies depuis des années.  

Souvenir d'Adolphe Turc (Turc, 1924)

Le mot de la fin revient à un autre polyantha, nommé Baby Faurax. L'été dernier, je l'ai vu en fleurs en pleine canicule, dans un jardin ami bien assoiffé. Je me suis dit que ce dur à cuire était pile-poil adapté au climat du sud et qu'il devait rejoindre ma terre au plus vite. Sa divine couleur violette ne semble même pas trop passer au soleil. 
Baby Faurax (Léonard Lille, 1924)
Comme d'habitude, les rosiers ont été commandés à racines nues. A réception, j'égalise les pointes des racines, si celles-ci sont très longues, puis j'élimine les radicelles asséchées pendant le transport. 
                
Je prends toujours le soin de laisser les plants toute une nuit dans un seau d'eau. Cela laisse le temps aux rosiers de se réhydrater avant la plantation. Cette étape s'avère indispensable car je fais l'impasse sur celle du pralinage.
un exemple de pralin prêt à l'emploi
mais on peut aussi tremper les racines dans un mélange boueux fait-maison (terre+eau)

Une étape que je ne zappe surtout pas est celle de l'amendement. Ma terre, collante et lourde, regorge d'argile. Je corrige sa structure en incorporant systématiquement du terreau du commerce ou du compost. Je passe un temps fou à égrener à la main les mottes de terre pour bien mélanger l'ensemble. Au fond du trou de plantation, j'incorpore en plus trois grosses poignées de fumier de cheval (composté, acheté en sac). Les rosiers raffolent de cette fumure organique, très nourrissante.

Ne reste plus qu'à positionner la plante bien droite avec le point de greffe orienté à l'arrière, enterrer à peine le collet, combler le trou et arroser copieusement. Ainsi, vous savez tout de ma technique de plantation. Il n'y a sans doute qu'un seul conseil à retenir : fumier, fumier, fumier ! 

vendredi 19 janvier 2018

Mme Legras de Saint Germain

rosier alba, obtenu avant 1848, peut-être 1846. Non remontant.
Ce magnifique rosier ancien, dont l'obtenteur reste inconnu, porte un nom bien français et pourtant c'est l'anglais William Paul qui le décrit le premier dans son livre The Rose Garden, paru en 1848.
Madame Legras de Saint-Germain ne semble pas un descendant pur de la famille des alba. Serait-ce un croisement avec un Centfeuilles ? L'arbuste est dénué d'aiguillons, son feuillage naît vert clair. Comme ses longues branches plient de souplesse, il est facile à palisser. Je l'ai personnellement courbé à terre pour le forcer à émettre des tiges secondaires.


Ce rosier se garnit au printemps de coupes moyennes, bien remplies de petits pétales avec au centre un reflet crème. A complète ouverture, les fleurs finissent très plates, d'un blanc de neige. Leur parfum est enchanteur, soutenu et sucré.


Mme Legras de Saint-Germain est souvent confondu avec un autre rosier alba plus célèbre, Mme Plantier. Un bon moyen de les différencier consiste à observer les boutons. Ceux de Mme Plantier sont roses, alors que ceux de Mme Legras sont jaunes. Les roses de cette dernière prennent aussi un caractère plus chiffonné. Leur cœur demeure à peine visible dans le tourbillon de pétales. 

Un rosier historique d'une pureté hivernale et apaisante, qui mérite une place dans tout jardin de passionné.

vendredi 5 janvier 2018

Munstead Wood

    

Rosier créé par David Austin en 2007. Remontant.
Si on ne devait avoir qu'un seul rosier anglais, peut-être faudrait-il élire celui-ci. Il a une présence hypnotique. Tout est incroyable chez lui : la couleur de sa fleur, sa forme parfaite, son parfum. 
C'est pour toutes ces raisons que j'ai choisi de l'introduire à nouveau au jardin. Mais malgré tous ces superlatifs, il y a quelques bémols. 
Le rosier n'est pas très vigoureux et pas très fourni. Alors pour pallier cet inconvénient, je l'ai acheté en plusieurs exemplaires. 
C'est la technique que j'adopte quand un rosier s'avoue faiblard. Je fais d'ailleurs de même avec les boutures. Je regroupe plusieurs sujets ensemble pour faire masse.



Dans ce cas particulier, 2 plants à racines nues ont été commandés. Munstead Wood, étant un petit rosier, j'ai planté les deux sujets jumeaux l'un à côté de l'autre, en bordure de massif. Ils sont espacés de 10 cm. Je les ai disposés de telle sorte que les tiges sont orientées vers l'extérieur. Les points de greffe se font donc face. On a l'impression de voir déjà une plante bien ramifiée, évasée, avec plusieurs départs de branches.
J'ai enterré les points de greffe. Je ne le fais pas systématiquement. Les hivers, ici, ne sont pas rudes et tout dépend de l'espèce du rosier. Pour les rosiers anciens, cette pratique se révèle bénéfique : les rosiers galliques sont des cavaleurs et drageonnent facilement. Il est alors utile qu'ils s'affranchissent de leur porte-greffe afin d'obtenir des arbustes étoffés. Pour les hybrides de thé, pas d'intérêt, hormis cacher un bourrelet de greffe disgracieux. 
Cette technique de plantation groupée est d'ailleurs préconisée par David Austin. 
Voici ce qu'il nous dit dans un de ses livres : 'J'insiste sur l'importance qu'il y a à planter les roses anglaises en groupes de 2 ou 3 par variété.  Les nombres impairs (3,5) donnent un air plus naturel. Installez vos sujets assez près les uns des autres pour qu'ils s'associent en une masse de végétation. En une saison ou deux, vous aurez l'illusion d'avoir un buisson très épais. Les arbustes se mêlent pour donner un seul buisson vigoureux et florifère. Vous obtiendrez ainsi une densité de fleurs merveilleuses et l'effet sera très supérieur à celui d'une plante isolée'. (Les roses anglaises, édition Bordas, p.146 et 147)


La vue de ces images, présentées sur son site, vaut tous les discours. Munstead Wood occupe presque à lui seul un mini massif. Reste, dans la pratique, à avoir suffisamment de place sur son terrain pour installer des rosiers identiques en nombre. Et ça, c'est une autre affaire !
💚  Très belle année à tous au jardin 💚

Crédit photographique :
 www.davidaustinroses.com/fr/munstead-wood

mercredi 20 décembre 2017

Die Rosen, les gravures de roses d'un passionné allemand

ou Les Roses dessinées et enluminées d'après nature avec une courte description botanique, par le Dr. Roessig, Leipzig, 1802 à 1817.



Die Rosen nach der Natur gezeichnet und colorirt mit kurzen botanischen Bestimmungen begleitet.
Traduit de l'allemand par M. de Lahitte.


Carl Gottlob Rößig (ou Rössig, Roessig), docteur en science juridique, était professeur et avocat à Leipzig, en Allemagne. Il devait être un amoureux des roses et sans doute un des rares collectionneurs allemands puisqu'il entreprit de transposer en peinture les roses connues à son époque. 

Il fit réaliser des portraits de roses (sa collection personnelle ?, il ne le précise pas mais on peut l'imaginer)  par plusieurs peintres et graveurs sur cuivre dont Luise von Wangeheim.

L'ensemble de ces gravures fut imprimé avec les descriptions botaniques, sous forme de 12 cahiers, de 1802 à 1817. Chaque gravure de rose est accompagnée du texte descriptif en allemand, suivi de la traduction française.
Roessig mourut en 1810, après la parution des 10 premières parties et ne vit pas son oeuvre aboutie. Gantz entreprit l'édition des 2 dernières parties.

L'oeuvre complète regroupe 60 planches de roses avec les noms en français, latin et allemand, complétés des synonymes et noms anglais occasionnels. Elle constitue en fait une version améliorée et illustrée du premier ouvrage de Roessig, qui s'intitulait  'Description économique et botanique des roses', parue en 1799. Dans ce volume, l'auteur avait compilé toutes les connaissances en la matière. Francophone et connaisseur érudit, il avait repris et classé les principaux noms de roses, cités avant lui par les plus grands noms européens de la botanique (Rozier, Linné, Bauhin, Miller, Camerarius...).


                                                                                                     
Dans la préface, Rössig affirme que son objectif était d'améliorer la collection de roses peintes par Mary Lawrence qu'il critique pour ses inexactitudes. Cette anglaise avait la première lancé l'idée d'un recueil de portraits de roses, individuels, en couleur, pleine page. Son ouvrage 'A Collection of roses from nature' parut de 1796 à 1799.

Finalement, le bien plus célèbre peintre botanique Pierre-Joseph Redouté n'a rien inventé. J'irai même jusqu'à dire qu'il s'est largement inspiré du travail de Roessig, pour réaliser entre 1812 et 1824 son oeuvre majeure 'Les roses', qui inclut des descriptions botaniques faites par Claude-Antoine Thory.

Notons qu'en 1817, Redouté, à son tour, ne manquera pas de critiquer les illustrations de Rössig ! Chacun pensant le mieux représenter les roses...

Au final, il nous reste des représentations rares de roses anciennes, surtout des botaniques. J'ai essayé de collecter le plus possible d'images pour que nous ayons un aperçu le plus complet de cette oeuvre rarissime.






rosa alba plena

rosa albo rubicunda plena
(Cuisse de Nymphe)

rosa versicolor 
(rosa Mundi, rosa gallica versicolor)

rosa burgundica
(rosa parvifolia, Rose de Bourgogne)

rosa canina carnea

rosa canina 

rosa centifolia minor
(rosa pomponia, Pompon de Bourgogne, Petite de Hollande, Pompon des Dames )

rosa centifolia 


rosa chinensis carnea
(rosa indica vulgaris, Old Blush)

rosa semperflorens purpurea
(rosa chinensis semperflorens, Slater's crimson china)

rosa damascena rubra

rosa damascena marmora
(rosier de Damas marbré)

rosa damascena 

rosa dijoniensis
(rose de Meaux)

rosa foetida 

rosa francofurtensis
(rosa francofurtana, rosier de Francfort)

rosa gallica duplex
(rosa gallica officinalis)

rosa holosericea 
(La Belle Sultane)

rosa gallica maxima
(rosa gallica conditorum)

rosa lacteola

rosa majalis plena 
(rosa cinnamomea)

rosa marmorea plena

rosa moschata 

rosa muscosa

rosa punicea

rosa rubiginosa 

rosa sanguineo-purpurea atra
(rosier pourpre noir)

rosa spinosissima 

rosa pimpinellifolia rubra

rosa villosa 

rosa violacea var. purpurera-nigricans
(rosa holosericea plena, Tuscany)

rosa virginiana

cynorhodons
                                  

Livre numérisé, conservé à Londres, à The british Library :  Die Rosen

Sources photographiques :