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Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

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lundi 17 juillet 2017

Madame Hardy

rosier de Damas, non remontant, obtenu en France par J-A. Hardy, en 1831.


Célèbre pour son petit œil vert, clapi au creux de son coeur, Madame Hardy est la première rose du groupe des Damas, que j'ai plantée au jardin. J'en avais lu le plus grand bien dans les ouvrages d'amateurs avertis. Piquée par la curiosité, il fallait que je me fasse ma propre opinion.
au coude-à-coude avec 'Pierre de Ronsard' et 'Belle sans flatterie'
Mme Hardy nous vient de Julien-Alexandre Hardy (1787-1876), qui fut, pendant 40 ans, le jardinier en chef du Jardin du Luxembourg, à Paris. Passionné d'arbres fruitiers mais aussi connaisseur de roses et obtenteur de nombreuses variétés (plus de 200), il développa une roseraie dans le parc du Sénat et lui donna une ampleur considérable au XIXème siècle. Dès 1813, fut récupérée la collection du premier grand rosomane français André Du Pont (1756-1817), le conseiller de l'impératrice Joséphine. Hardy la compléta avec les nouvelles obtentions et découvertes de l'époque. Grâce à lui, le Jardin du Luxembourg regroupa la plus importante collection de roses, faisant suite à celle de Malmaison, à l'abandon et précédant celle de Jules Gravereaux, à L'Haÿ-les-Roses. Le Jardin du Luxembourg, ouvert au public, comptait alors plus de 2700 rosiers, dont 650 galliques. Ce qui n'est plus le cas, aujourd'hui...
Palais (siège du Sénat) et Jardin du Luxembourg, Paris 6e, qui se visite toujours
Dédicace à Félicité, l'épouse de l'obtenteur, la corolle de Mme Hardy est très belle assurément. En 1832, la Revue horticole la présente comme un hybride de Damas et de Portland. Les pétales arborent un blanc Chantilly, qui est à peine effleuré de rose, comme le sont souvent les roses blanches. 

Le rosier forme un arbuste haut et dressé, mon exemplaire s'avoue même franchement raide. Ses branches se blottissent les unes contre les autres et malgré leur grandeur, leur robustesse me prive de toute tentative d'arcure ou de palissage. Les roses naissent ainsi au bout de longs rameaux. 
Ce que je préfère en lui, ce sont ses charmants heaumes verts qui coiffent les boutons. Ces sépales ciselés et allongés sont la marque de fabrique des roses de Damas, tout comme les multiples aiguillons qui ponctuent les tiges.
Cette rose exquise est à réserver aux jardins ensoleillés car la belle se montre capricieuse. Elle a mis du temps avant de m'offrir une moisson de fleurs. Bien plus de temps qu'un rosier gallique. Il paraît qu'elle est très parfumée. Pas de chance non plus de ce côté là, je n'arrive pas à capter son odeur. Peut-être le printemps prochain...

Madame Hardy

Bibliographie :
Catalogue des rosiers cultivés au Jardin du Luxembourg, 1837, réédité et présenté par Vincent Derkenne en 2012 (Naturalia Publications)
Journal des roses, août 1880
François Joyaux,  La Rose de France, 1998

samedi 1 juillet 2017

Roses à foison

Comme je l'avais fait l'an passé, je vous propose une petite rétrospective de floraisons de roses au jardin, sous forme d'échiquier. Certains rosiers, plantés cet hiver, m'offraient leurs premières fleurs :
  • Purple lodge, avec son coloris envoûtant. Comme ma terre est acide, il a pris une belle teinte violacée. Le buisson ne comporte que deux branches raides. J'espère qu'il va s'étoffer. 
  • Phyllis bide, lui, entre dans la catégorie "erreur de casting". J'avais commandé le rosier Desprez à fleurs jaunes (appelé aussi Jaune Desprez) et à la place, j'ai reçu ce grimpant remontant, aux corolles simples marginées de rose. On est bien loin de la couleur souhaitée au départ (jaune champagne) mais il est si photogénique que je ne lui en tiens nullement rigueur.
  • Rosa gallica versicolor accroche mon oeil avec ses panachures. Tout est grand chez lui, les feuilles et les fleurs. Est-il beau, pas beau, en jupette striée blanc et magenta ? Mon coeur balance. Il est surtout très délicat à associer.
Et vous, comment les trouvez-vous ?















 




jeudi 22 juin 2017

Comment intégrer une piscine dans son jardin ?

Les épisodes caniculaires se succédant d'année en année, l'idée d'installer une piscine dans le jardin vous a déjà tentés, n'est-ce pas ?

Oui mais où et comment ? Car c'est la grande question que se pose tout jardinier qui souhaite se rafraîchir en été mais aussi conserver un espace de culture. Profiter d'une piscine, d'accord, mais sans sacrifier l'espace dévolu à notre passe-temps favori, le jardinage. 

L'enjeu est donc de taille. Il ne s'agit pas de construire une piscine sur un terrain nu, sans végétaux, sans âme... mais bien de concevoir un jardin paysager avec accessoirement un bassin de nage ou de jeux.

Une piscine hors-sol me semble difficile à intégrer dans ce projet. Ce type de bassin est une pièce rapportée, trop volumineuse, qui aura bien du mal à se faire oublier dans le décor.
Une piscine enterrée paraît la solution idéale. A fleur du sol, elle épouse le relief du terrain. Le regard glisse sur l'écran d'eau.
Ce serait dommage que la piscine vole la vedette aux plantations ! Élément phare du paysage, elle doit magnifier le cadre, apporter de la lumière et de la transparence, se fondre habilement dans la verdure ambiante.  
La tentation de construire une piscine, sans terrasse attenante, est tentante. Comme un plan d'eau, posé au milieu du gazon. Avec des margelles étroites, ce style de piscine très en vogue ressemble un peu à un bassin décoratif à l'ancienne. Le rendu est esthétique ; gare, cependant, aux conséquences pratiques : les pieds nus, foulant terre et herbe tendre, risquent de souiller l'eau limpide... Et je ne parle pas de la tondeuse qui passe tout près...
bassin ou piscine ? 
L'illusion est parfaite au domaine de La Baume, à Tourtour (83)

La couleur de l'eau revêt une importance particulière. Exit le bleu turquoise, qui fait trop "piscine municipale", un bleu-gris est du meilleur effet et paraît plus naturel. Pas trop foncé, tout de même, au risque de donner la désagréable sensation de se baigner dans un bassin à poissons rouges ! 

réalisation Vincent Vallée, en Normandie
le jardin de la poterie Hillen, à Thermes-Magnoac (65)
Quid des margelles ? En pierre, en bois ? Les contours en bois (ipé, teck, pin douglas, cumaru...) ont la cote et insufflent un esprit contemporain. Je ne suis pas fan et avoue une nette préférence pour la pierre.
une propriété à Opio, dans le Var

réalisation Nicolas Roubaud
L'alliance du minéral et du végétal est très élégante. Le nec plus ultra, selon moi, reste la pierre naturelle : ardoise, travertin, pierre de Bourgogne, pierre de lave, pierre bleue du Hainaut... (bien qu'il existe de beaux dallages en pierre reconstituée). 

au château d'Uzer, en Ardèche  
parc de La Minotte, à Montfort-L'amaury (78)
Et la forme, la taille ? La piscine sera idéalement proportionnelle au jardin. Une piscine minuscule, telle un bac à nénuphars, semblera ridicule dans un parc !  Une piscine trop imposante dans un petit jardin citadin laissera peu de place à la pelouse. Tout est question d'harmonie.
la bastide de Marie, à Ménerbes (84)
réalisation Thomas Gentilini

J'ai un faible pour les réalisations de Jean Mus. Cet architecte-paysagiste arrive à concilier piscine et jardin avec beaucoup de talent.  
Auteur de jardins d'exception dans le sud méditerranéen, Jean Mus a signé de nombreuses réalisations avec piscine, en accordant un soin tout particulier au choix de plantes endémiques et odoriférantes. Une mine d'inspiration ! 

réalisation Jean Mus

Allez, je vous quitte, il fait 37°. Après cette longue dissertation, il est temps que j'aille en profiter...de ma piscine !!